Bio

Biographie française

Née en 1982 à Téhéran, Iran.
Vit et travaille en France depuis 2008

  • Chargée d’enseignement en Arts visuels à l’université de Strasbourg (depuis 2013)
  • Présente dans la collection publique de l’Artothèque de la ville de Strasbourg (depuis 2014)
  • Codirection (avec Germain Roesz) de la collection Bandes d’artistes des éditions Les Lieux Dits depuis 2015.
  • Éditions des livres d’artistes avec les poèmes de Claudine Bohi (Paupière blanchi, livre à 4 exemplaires pour la maison de la poésie Rhône Alpes, août 2016 et c’est les yeux, livre pauvre réalisé en 4 exemplaires pour le compte de Daniel Leuwers, juin 2014), avec les poèmes de Germain Roesz (Exemplaires n°1 et n°11 de la collections de Bandes d’artistes des éditions Les Lieux Dits) et avec les poèmes de Jean de Breyne pour la collection 2Rives des éditions Les Lieux Dits) et pour le texte de Sylvie Villume (Paysage borrelia).

Formations :

Doctorat en Arts plastiques, Université de Strasbourg (2018)
Master d’Arts plastiques, Université de Strasbourg (2012)
Licence d’Arts Plastiques, Université Jean Monnet de Saint-Etienne (2010)
Diplôme bac + 4 en Graphisme, Université Art et Architecture AZAD de Téhéran (2006)

 

English Biography

born in 1982 in Tehran, Iran.
lives and works in France since 2008.

Education :

PhD in Visual Arts at the University of Strasbourg, France (2018)
Master of Fine Art at the University of Strasbourg, France (2012)
Bachelor of Fine Art at Jean Monnet University in Saint-Etienne, France (2010)
Bachelor of Graphic Design at Azad University of Tehran, Iran (2006)

Haleh Zahedi is present in the public collection of Artothèque de la ville de Strasbourg, since 2014. She is also Course lecturer in Visual Arts at the University of Strasbourg (since 2013).

Sur Haleh Zahedi

Haleh Zahedi,
 quand le noir et la lumière c’est pareil.

Ce sont des doigts levés, entortillés avec des ongles phalliques.
Ce sont des arbres vus à la fin de l’hiver, dans une nudité qui contorsionne l’espace.
Ce sont des visages grimaçant contenus dans les écorces, ce sont des yeux avides de voir, de serrer l’espace du dehors. Ce sont des corps à la peau noire et grise comme un cuir tanné par le fusain. Ce sont des dessins.
La matière crisse sur le papier, revient, rature, égratigne, semble observer de quel magma peuvent sortir les fantômes. Silence est fait pour qu’ils puissent surgir dans le trait, dans la trace et dans le brouillard noir.

La figure se donne d’abord dans un ensemble, un arbre, un rat, un masque, une poupée. Au bout d’un moment on voit, comme surpris par une tenaille incarnée, on sait que ce qui se passe vient de plus loin que la simple observation. Le regard s’approche comme fait la caméra quand elle zoome. Il fouille la surface noire faite au charbon de bois qui brûle dans les images rémanentes. Des ombres alors s’élancent, une foule agglutinée observe on ne sait quel inconnu ; des bêtes grouillantes courent en tous sens, des museaux musqués et masqués hument aux confins de l’invisible, des corps aux plis des chairs ignées, vieillies, monstrueuses parfois se courbent dans une posture théâtrale. Une histoire, de l’art, traverse ces figures, Francesco Goya croisé dans la casa del sordo, Jérôme Bosch traversé dans sa parade des animaux transpercés, Breughel dans la chute des aveugles et de ces corps enchaînés bien sûr qui observent, du fond de la caverne, ces lumières/ombres in-identifiées. La précision du trait, la force de la masse des noirs et, dans le même temps, le tremblement presque imperceptible et absolu se conjuguent dans ces dessins.
Il faut s’approcher et regarder d’abord comment procède Haleh Zahedi. Elle est presqu’étonnée de la blancheur de la feuille, c’est un aveuglement qui d’abord se produit. C’est pour cela qu’elle part du noir. Elle dessine le noir, le contour du noir, la forme du noir et elle le scrute aux confins de l’horizon (du blanc). Elle happe les surgissements. Je pense à Callot qui joue d’un clair-obscur de la même manière, qui attèle l’ombre et la lumière à la violence et à la bonté.

Ici, les formes qui naissent, qui adviennent, sont dans le déroulement d’un théâtre d’ombre. Les hommes et les femmes y croisent les animaux auxquels on attache souvent de la noirceur, de l’âme, mais toujours née de l’ignorance et de la peur ancestrale, enfantine. Indéniablement Haleh Zahedi laisse faire son imaginaire, puise dans une introspection forte des images que le monde a portées pour elle et en elle. C’est d’un travail analytique qu’il s’agit qui se penche sur les confins de la mémoire, sur cette ligne de crête (ou cet abîme, et c’est la même chose) où nous captons de manière fugitive les forces telluriques, les inconnus de nous et en nous. Le dessin avance comme la quête d’Odilon Redon, en capture de l’éloigné et cherche à lui donner visage dans l’énoncé de la forme, dans la respiration du noir. Elle utilise le fusain, l’encre, et parfois du blanc pour strier l’austère acuité de la conscience. Elle charge l’image de l’effroi que fait le monde souvent et de ses propres étonnements surgis sûrement de l’enfance. On peut encore évoquer les métamorphoses d’Ovide où les arbres par exemple prennent formes humaines. On peut citer l’édition française du Songe de Poliphie (1546) où l’arbre se transforme en femme, dans une chaîne sans fin et où la dernière conserve la mémoire de l’arbre en gardant sur sa tête un rameau de feuilles, une branche. C’est presqu’à l’identique qu’Haleh Zahedi fonde son dessin, dans une nature poïétique. Les formes naissent des formes, les formes transforment les formes. L’intention initiale est toujours divertie par l’attention, la curiosité, de quelque chose qui advient, qui n’était pas là, pas encore là. C’est bien sûr une manière de conjurer les peurs. L’art ici puise au plus profond de la quête humaine, de son sens et parfois de son assomption, parce que l’avers de la mélancolie peut donner, comme nous le dit Jean Starobinski, lieu à « un gai savoir ».  Haleh Zahedi travaille par séries dont je peux dire qu’elles deviennent des suites : son propre visage, longtemps scruté comme un paysage irrité, puis des arbres où surgissent des visages, des ombres, des allusions sexuelles, puis des oiseaux qui, dans leurs ailes, conservent les formes précédentes, puis des poupées qui ajoutent la cruauté, le désir souterrain d’une union entre Thanatos et Eros. Dans toute œuvre il y a des trous qui permettent qu’on y insère notre tête et notre esprit afin de pouvoir lire les relations que l’artiste fabrique, provoque. Mais ici les trous ont aussi le rôle de faire jaillir du puits profond le nœud nécessaire au dénouement.

Germain Roesz, publié dans le catalogue Des femmes et des chimères, 2015

français


Haleh ZAHEDI

halehzahedi@yahoo.com
Née en 1982 à Téhéran, Iran.
Vit et travaille en France depuis 2008

Expositions :

2018             5 femmes : l’engagement poétique, Fondation Fernet Branca, Saint Louis,                                  France (du 25 novembre 2018 au 10 février 2019)
2018             Fraternité/Brüderlichkeit, Site de l’ancien camp de concentration de                                   Natzweiler-Struthof
2018             Comment tourne la terre ? Wie dreht die Welt ?, Pôle Culturel de Drusenheim,                        France
2018             Faire le Mur, Zone d’art, Strasbourg, France
2018             XXIXème Rencontre d’Art, Le Centre Culturel Marie Hart à Bouxwiller, France
2017             Der Nachtkrapp – Er ist wieder da !, Sammlung Hurrle Durbach, Allemagne
2017             Corps et matière, Kunsthalle Griesheim, Allemagne
2017             Fleurs en liesse, Pôle Culturel de Drusenheim, France
2017             Faire le Mur, Zone d’art, Strasbourg, France
2016             Corps Accords, Pôle Culturel de Drusenheim, Drusenheim, France
2016             Aquarelle Bille et Charbon : abécédaire de la sidérurgie illustré, Parc Du Haut-                       fourneau Uckange, France
2016             PlakatWandKunst, Centre Hospitalier de Tonnerre, France
2016             Entre les lignes, le Couloir/Zone d’art, Strasbourg, France
2016             Transgression, la galerie Jean Greset, Besançon, France
2015             Les femmes et les chimères, le Couloir/Zone d’art, Strasbourg, France
2015             Goût amer, galerie Jean-François Kaiser à Strasbourg, France
2014             Schwerelos, Arthobler Gallery à Zürich, Suisse
2014             Duos de Germain Roesz, Palais Universitaire de Strasbourg, France
2013             Topographies de l’hiver, CEAAC à Strasbourg, France  

  • Chargée d’enseignement en Arts visuels à l’université de Strasbourg (depuis 2013)
  • Présente dans la collection publique de l’Artothèque de la ville de Strasbourg (depuis 2014)
  • Participation aux Ateliers ouverts Alsace à Zone d’art, Strasbourg (de 2013 à 2017)
  • Codirection (avec Germain Roesz) de la collection Bandes d’artistes des éditions Les Lieux Dits depuis 2015.
  • Éditions des livres d’artistes avec les poèmes de Claudine Bohi (Paupière blanchi, livre à 4 exemplaires pour la maison de la poésie Rhône Alpes, août 2016 et c’est les yeux, livre pauvre réalisé en 4 exemplaires pour le compte de Daniel Leuwers, juin 2014), avec les poèmes de Germain Roesz (Exemplaires n°1 et n°11 de la collections de Bandes d’artistes des éditions Les Lieux Dits) et avec les poèmes de Jean de Breyne pour la collection 2Rives des éditions Les Lieux Dits) et pour le texte de Sylvie Villume (Paysage borrelia).

Formations :

Doctorat en Arts plastiques, Université de Strasbourg (2018)
Master d’Arts plastiques, Université de Strasbourg (2012)
Licence d’Arts Plastiques, Université Jean Monnet de Saint-Etienne (2010)
Diplôme bac + 4 en Graphisme, Université Art et Architecture AZAD de Téhéran (2006)